Bien sûr, couvert de prix et d’honneurs internationaux, il était le plus grand comédien suisse. Une fois ce truisme énoncé, on a tout dit, on n’a rien dit. Bruno Ganz avait des ailes de géant et l’immense humanité en lui. Figure tutélaire du théâtre allemand, il était dépositaire depuis 1996 de l’anneau d’Iffland, désignant l’acteur de langue allemande le plus renommé. Au cinéma, il a hanté quelque 70 films d’auteur, dont nombre de marqueurs générationnels, comme Dans la ville blanche, d’Alain Tanner. Sa connaissance de l’âme humaine faisait de lui le plus beau et le plus savant des anges dans Les ailes du désir, de Wim Wenders, elle lui permettait de fouiller la blessure la plus infecte du XXe siècle en incarnant Hitler dans La chute, d’Oliver Hirschbiegel.