«Sans nouvelles de Bruno Manser.» Dans son édition du 20 novembre 2000, Le Temps expliquait sous ce titre que l’écologiste et activiste bâlois, connu pour avoir vécu au contact des Penans dans la forêt tropicale de Bornéo, cette île que se partagent la Malaisie, le Brunei et l’Indonésie, n’avait plus donné signe de vie depuis le 23 mai de cette même année. Il avait ce jour-là envoyé une lettre à sa compagne, restée en Suisse, depuis le petit village de Bario.

«L’activiste écrivait alors qu’il allait se réfugier dans les territoires des Penans. L’ambassade de Suisse à Kuala Lumpur a entrepris des recherches pour retrouver le militant âgé de 46 ans. Mais l’organisation de recherches s’avère compliquée, les autorités locales ne pouvant être averties. Bruno Manser est en effet considéré comme un ennemi par la Malaisie à cause de son engagement pour les Penans, population autochtone menacée. Il est très mal vu par les industries du bois dont il dénonce les pratiques.» L’article publié par Le Temps signalait encore que le Bâlois risquait jusqu’à 5 ans de prison et une amende de 5000 francs pour avoir pénétré illégalement sur le territoire malaisien. Le 10 mars 2005, il sera officiellement déclaré mort.