Si la guerre des librairies fait déjà rage, celle des foires du livre aussi. En effet, entre les 2 et 4 mai prochains, aux dates habituelles du Salon international du livre et de la presse de Genève, s'ouvrira la première Foire du livre de Bâle. Après études de marché et analyses prometteuses, ses organisateurs le confirment et, déjà, une centaine de maisons d'édition alémaniques, allemandes et autrichiennes s'y sont annoncées.

«Buch-Basel» se présente comme un événement destiné au grand public et entend combiner au mieux commerce et culture. En plus des éditeurs, la foire se propose d'accueillir l'ensemble des professions liées au livre: imprimeurs, relieurs, etc. Et toute la gamme y sera représentée: belles-lettres aussi bien qu'ouvrages destinés à la jeunesse, publications spécialisées, techniques et autres. En parallèle se tiendra un festival de la littérature.

Les organisateurs, qui soulignent l'absence totale de manifestations de ce type en Suisse alémanique et dans le sud de l'Allemagne, relèvent l'enthousiasme que le projet suscite. Le moment choisi pour ce lancement leur paraît particulièrement bien choisi: la branche a besoin de stimulations et de défis.

Reste cette question: fallait-il vraiment superposer les deux foires? A vrai dire, les éditeurs alémaniques se font peu présents au Salon du livre de Genève. Si le président de l'Association des éditeurs et libraires suisses y voit une claire concurrence et même «un affront», Pierre-Marcel Favre, directeur de la manifestation genevoise, réagit, lui, avec philosophie: tout en constatant que la concurrence se fait plus agressive, il estime que la régulation se fera naturellement. Mais comment réagiront les pouvoirs publics et instances de subventionnement, lorsqu'ils seront sollicités par l'une et l'autre des deux foires?