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Bud Spencer, en 2009, participait à un gala de charité de l'UNESCO. 
© JOERG CARSTENSEN

Cinéma

Bud Spencer, le bon gros géant du cinéma populaire italien, est décédé

De son vrai nom Carlo Pedersoli, il était le fidèle acolyte de l’acteur Terence Hill, avec qui il avait tourné dix-sept films d’aventures humoristiques

Impossible d’avoir traversé les années 1970-1980 sans avoir eu conscience de Bud Spencer. Même ceux qui ne se seraient jamais abaissés jusqu’à voir un de leurs films connaissaient le duo qu’il formait avec Terence Hill, apparemment modelé sur Astérix et Obélix et immensément populaire à travers le monde. Les fans savaient que les deux loustics étaient italiens et se nommaient en réalité Carlo Pedersoli et Mario Girotti. Mais seuls les vrais cinéphiles se doutaient que le gros distributeur de baffes cachait un homme intelligent, qui souffrait du manque de considération que lui portait le milieu du cinéma. C’est pourtant le pays entier qui, à présent, pleure ce représentant de ses belles heures disparues, décédé lundi dans un hôpital romain à l’âge de 86 ans.

Champion de natation

Né à Naples le 31 octobre 1929 dans une famille bourgeoise, Carlo Pedersoli était un sacré personnage. A dix ans, durant la guerre, il déménage à Rome avec sa famille, son père ayant tout perdu suite au naufrage d’un navire. Doté d’évidentes qualités athlétiques, il se révèle aussi brillant élève, mais en 1947 repart pour l’Amérique du Sud, au Brésil puis en Argentine, où son père tente de se refaire. De retour en Italie à 20 ans, il s’inscrit à l’université (chimie, droit, sociologie) sans finir ses études, le sport (rugby, natation, waterpolo) ayant pris le dessus. Détenteur du record d’Italie des 100 mètres nage libre, il participe aux Jeux olympiques de Helsinki (1952) et de Melbourne (1956).

Ses 1m90 de muscles lui valent aussi de figurer dans «Quo Vadis», superproduction hollywoodienne tournée à Cinecittà. Plus tard, il décroche quelques petits rôles, dans la comédie de Mario Monicelli «Un Héros de notre temps» ou le peplum «Hannibal», dans lequel il croise un autre débutant de dix ans son cadet, Mario Girotti. Il faudra encore huit années avant que le géant napolitain et le blondinet vénitien deviennent un tandem, à la faveur de la mode du western spaghetti. En attendant, Pedersoli multiplie les aventures au Vénézuela, puis épouse la femme de sa vie Maria, fille du producteur Giuseppe Amato («Le Voleur de Bicyclette») et devient trois fois père. Il gagne sa vie comme parolier de chansonnettes pour RCA puis comme producteur de documentaires à la RAI.

Tandem populaire

C’est alors que le réalisateur Giuseppe Colizzi a la riche idée de former un duo comique pour son western «Dieu pardonne… pas moi!» (1967), faisant naître Terence Hill et Bud Spencer - un pseudonyme inspiré par les bières Budweiser et de l’acteur Spencer Tracy. Du jour au lendemain, ils deviennent des vedettes, triomphant de «On l’appelle Trinita» (Enzo Barboni «Clucher», 1970) à «Deux superflics à Miami» (1985). Spencer côtoie des stars américaines comme Jack Palance, Eli Wallach ou James Coburn et est même engagé par des auteurs comme Giuliano Montaldo («A l’aube du cinquième jour»), Dario Argento («Quatre mouches de velours gris») ou Carlo Lizzani («La Vengeance du Sicilien»).

Mais le cinéma populaire finit par l’emporter. Après seize duos et autant de solos de plus en plus bâclés par des tâcherons (les frères Sergio et Bruno Corbucci, Steno, Michele Lupo), le géant empâté n’est plus que l’ombre de lui-même. Pour une dizaine d’années, il se recycle à la TV, et le tandem, amis dans la vie, tente vainement un dernier comeback en 1994. Surprise, en 2003, Ermanno Olmi lui offre un double rôle de narrateur et de vieux capitaine pirate dans son magnifique «En chantant derrière les paravents». Moins glorieux, Bud Spencer s’était présenté aux élections régionales de 2006 sous les couleurs de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, sans être élu. Depuis, il s’était surtout consacré à la rédaction de deux volumes de mémoires.

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