«Prononcez Betticker», avait clamé Budd Boetticher toute sa vie. Il est décédé d'un cancer jeudi passé à Ramona, dans le comté de San Diego. Il avait 85 ans. Boetticher était considéré comme l'un des plus importants réalisateurs de westerns des années 1950. Il n'avait plus tourné depuis trente ans, mais continuait d'entretenir sa propre légende. Dans une autobiographie publiée pratiquement à compte d'auteur (When in Disgrace) ou dans ce très bel hommage d'Emilio Maillé, Les Années Arruza (1996), film qui racontait l'aventure impossible de son dernier projet, Arruza, un documentaire de 1972 sur le matador Carlos Arruza. Ce projet ruineux, qui lui coûta son mariage et ses économies, en cachait un autre, jamais réalisé: Horses for M. Barnum, dont il annonçait l'évolution depuis 1960!

«Sept hommes à abattre»

Né à Chicago, Oscar Boetticher Jr mène un joli parcours de sportif universitaire lorsque, blessé, il part se refaire une santé au Mexique. Et tombe amoureux de la corrida. Il torée un temps, avant d'être engagé par le producteur Daryl Zanuck, en 1940, comme conseiller technique sur Arènes sanglantes. Après une série de petits budgets, il rencontre le succès comme réalisateur avec The Bullfighter and The Lady (1951). En 1955, sa rencontre avec le scénariste Burt Kennedy et l'acteur Randolph Scott donne naissance à une série de westerns âpres (de Sept Hommes à abattre en 1956 à Comanche Station en 1960).

Au cours de ces trente dernières années, Boetticher fut abandonné à lui-même, seul avec ses chevaux chéris et ses rêves de «tauro-machiste» comme il disait, à peine flatté lorsque Sergio Leone, le croisant dans un festival de cinéma, s'écria: «Budd, je t'ai tout volé!»