Futur antérieur

Caïn contemple aujourd’hui une autre tragédie, celle des migrants

Les innombrables drames dont sont victimes les migrants sur leur route vers une vie meilleure nous placent, à notre corps défendant, devant nos responsabilités. Et si nous méditions l’épisode de Caïn et Abel, comme nous y invitait il y a longtemps saint Augustin?

Trente-neuf, est-ce peu ou beaucoup? Beaucoup trop, à coup sûr, quand il s’agit de corps sans vie, comme ceux des clandestins vietnamiens trouvés il y a quelques semaines dans un camion de transport à l’est de Londres. Mais que pèse au juste un tel chiffre devant le flux de tous les anonymes qui, à l’image des migrants décédés, partent dans l’espoir d’une vie meilleure, quitte à disparaître en route, sans laisser de trace? L’effroi provoqué par cette macabre découverte n’en est que plus fort, au point de faire naître un sentiment de révolte face à l’intolérable, qui fait chercher des responsables à ce qui ressemble si fort à un crime. Existe-t-il des crimes sans coupables?

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