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Cannes, un festival surtout européen, mais ouvert sur le monde

Le Festival commence ce mardi. Une analyse géographique des quelque 400 longs métrages qui ont convoité ces deux dernières décennies la Palme d'or montre que la moitié a été réalisée par des Européens

Chaque année, au moment où le Festival de Cannes dévoile la vingtaine de films de sa compétition officielle, la section reine, celle qui permet de concourir pour la Palme d'or, chacun y va de son analyse. Cette année, on notera par exemple que sur les 21 titres en lice, un seul pourrait permettre à son réalisateur de recevoir une seconde Palme d'or: Le Poirier sauvage, de Nuri Bilge Ceylan. Le Turc avait reçu la récompense suprême en 2014 pour Winter Sleep.

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La quinzaine cannoise, de par le volume des films présentés dans ses différentes sections et son gigantesque marché du film, reste la plus importante manifestation cinématographique au monde, celle qui donne le «la» de l’année à venir. Si on se concentre sur la compétition officielle, qui se définit comme une vitrine du «cinéma d’auteur grand public», on peut observer que 412 longs métrages y ont été montrés ces vingt dernières années, soit entre 1998 – première édition sous la direction du délégué général Thierry Frémaux et 2017.

Parmi eux, 50% (206 films) ont été tournés par des réalisateurs européens, dont un tiers sont français. En résumé, le Festival de Cannes est très européen, et avec une surreprésentation hexagonale. Ce qui dans le fond est logique. Après la France (17% des cinéastes en compétition) viennent les Etats-Unis (16%), l’Angleterre (6%), l’Italie (6%) et le Japon (5%). A eux seuls, ces cinq pays représentent la moitié des auteurs en compétition.

70% des Palmes sont européennes

Au niveau des grandes régions mondiales, on trouve derrière l’Europe (50%), l’Amérique du Nord (19%), l’Asie (16%), l’Amérique latine (6%), le Proche et le Moyen-Orient (6%), l’Afrique (2%) et enfin l’Océanie (1%). Au niveau du palmarès, le rapport est différent: l’Europe a raflé 70% des vingt dernières Palmes (pour dix pays représentés), devant les Etats-Unis (15%). Suivent l’Asie, le Proche-Orient et l’Afrique, avec chacun une Palme, pour autant qu’on s’en tienne à la nationalité première des réalisateurs. La palme «africaine» a en effet sacré le natif de Tunis Abdellatif Kechiche pour La vie d’Adèle, une production française.

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Cette année, dix réalisateurs européens convoitent le prestigieux trophée et, surprise, seuls deux Américains. L’Asie ainsi que le Proche et le Moyen-Orient font mieux avec quatre représentants chacun. Le Festival de Cannes est-il dans le fond aussi ouvert sur le monde qu’on veut bien le dire? Oui, car si l’on prend encore en compte la section Un Certain Regard, qui fait partie de la sélection officielle et se concentre sur «des œuvres originales dans leur propos et leur esthétique», ce ne sont pas moins de 24 pays qui seront cette année représentés sur la Croisette.

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