D'ordinaire, la France occupe d'office quatre places en compétition. Cette année, avec Un Conte de Noël d'Arnaud Desplechin, La Frontière de l'aube de Philippe Garrel et Entre les murs de Laurent Cantet, elle ne possède que trois chances d'accéder au palmarès. Et encore, la troisième, présentée vendredi, a-t-elle été ajoutée quelques jours seulement avant le début du festival.

Il se trouve pourtant que Laurent Cantet (Ressources humaines, L'Emploi du temps, Vers le Sud) aura pleinement profité de cette position décourageante et que, à la méfiance, il aura su proposer une bonne surprise. A mi-chemin entre Ça commence aujourd'hui de Bertrand Tavernier et L'Esquive d'Abdellatif Kechiche mais sans les égaler, Entre les murs est un film qui, à son tour, tente de saisir la réalité de l'école en France. Cela avec un réalisme qui désarçonne au point que la fiction a tout d'un documentaire.

Adapté du livre homonyme de l'enseignant François Bégaudeau (qui joue d'ailleurs le rôle de l'instituteur), Entre les murs suit une pleine année scolaire dans une classe du XXe arrondissement de Paris où les élèves (tous amateurs mais impeccables) ont entre 13 et 14 ans. Donné, durant sa première heure, comme une suite de scènes sans scénario, le film se ressert peu à peu sur le cas d'un jeune turbulent qui, s'il est renvoyé, devra aussi quitter la France.

D'une grande efficacité, cette miniature de la France de Sarkozy se veut une illustration de l'apprentissage de la démocratie. Et si tout sonne juste, si tout interpelle constamment, Entre les murs ne dépasse guère ce stade d'illustration. Loin des films coups de poings de Tavernier et Kechiche, Laurent Cantet reste en surface, de manière un peu laborieuse et manifestement très préoccupé à faire jouer ses 25 jeunes acteurs le plus juste possible.