Genève

Le Canton annule le gel des subventions à l'Usine

Le Conseil municipal de la Ville de Genève voulait notamment conditionner le versement de subventions à la mise en conformité du lieu alternatif. Le Conseil d'Etat juge que cette décision ne relève pas de sa compétence.

A Genève, l'avenir s'éclaircit temporairement pour l'Usine, lieu phare de la culture alternative genevoise. La décision, prise par une majorité de droite au Conseil municipal de la Ville, de conditionner le versement de ses subventions à la mise en conformité du lieu a été de facto annulée par le Conseil d'Etat ce mercredi. Voté le 28 octobre dernier, le projet de délibération intitulé "Mettons fin à l'irresponsabilité de l'Usine" a été requalifié en "résolution". En d'autres termes, en simple déclaration non contraignante. Le gouvernement estime que la décision ne relevait pas de la compétence délibérative du Conseil municipal.

En détails, le projet de délibération sur l'Usine prévoyait de suspendre l'ensemble des subventions 2016 du centre culturel jusqu'à ce que ce dernier se mette en conformité avec la loi, notamment en demandant au canton cinq autorisations distinctes pour l'exploitation de ses cinq buvettes. Il demandait aussi que les frais engagés par la Ville de Genève pour réparer les dégâts qui avaient été causés lors d'une manifestation de soutien à l'Usine soient retranchés des subventions attribuées au centre culturel. La municipalité verse chaque année près de 1 million de francs à l'Usine.

8000 signatures en soutien à l'Usine

Mercredi après-midi, les représentants de l'Usine ont par ailleurs déposé auprès du Conseil d'Etat une pétition munie de plus de 8000 signatures. Cette pétition demande que l'Usine soit au bénéfice d'une seule autorisation de buvette et pas que l'administration exige d'elle cinq autorisations administratives.

Clément Demaurex, permanent de l'Usine, s'est déclaré ravi du soutien récolté par la pétition. Le milieu culturel s'est fortement mobilisé, a-t-il fait savoir. "Nous voulons maintenir la structure autogérée et non hiérarchisée de l'Usine et son caractère unitaire". L'Usine espère pouvoir maintenant dialoguer avec les autorités.

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