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Le Capitole et Vidy: Lausanne ouvre enfin ses chantiers culturels

La salle de cinéma historique devrait évoluer vers une maison de la Cinémathèque dès la fin de l’année prochaine. Et alors, le théâtre du bord du lac entamera une rénovation très attendue

C’est du cinéma, mais aussi un feuilleton. Acheté en 2010 par la ville de Lausanne, pour 2,6 millions de francs, le cinéma Capitole devrait enfin entamer sa nouvelle vie dans une année. Le chantier de la «Maison du cinéma» devait s’ouvrir à la fin de 2020 – après une première annonce pour cette année. Le syndic de Lausanne Grégoire Junod et le directeur de la Cinémathèque Frédéric Maire ont détaillé le projet mercredi, alors que la mise à l’enquête démarre.

L’idée consiste à créer une deuxième petite salle, de 140 places, sous l’historique temple du glamour ouvert en décembre 1928. Un café prendra place au niveau de la rue, ainsi qu’une boutique de livres-DVD qui ferait aussi office de médiathèque. La Cinémathèque y aurait donc deux salles de projection, utilisables aussi pour les avant-premières ou les événements tels que les Rencontres 7e art Lausanne.

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Un tour de table à préciser

Pour mettre en œuvre cette transformation, la ville crée une fondation que présidera Olivier Steimer, membre du conseil d’administration de Lombard Odier, longtemps président de la BCV. Le tour de table pour un «financement mutualisé», selon Grégoire Junod, reste à faire: les travaux sont estimés à 18 millions. La ville veut en mettre 5, le canton en apporte 1 auquel s’ajoute une hausse de subvention. Les responsables se donnent une marge d’emprunt de 11 millions, mais espèrent demander moins grâce à du sponsoring et du mécénat.

Alors que le projet a naguère provoqué de vives tensions entre la ville, acheteuse du bâtiment, et la Confédération, approchée pour financer les travaux, la seconde ne contribuera pas à la mue. Mais elle soutiendra en partie le loyer futur pour la Cinémathèque. Faute de place à l’avenue du Théâtre, celle-ci gardera son siège à Montbenon.

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Vidy, le renouveau tant attendu

Autre interminable affaire que la ville veut régler: Vidy. Le théâtre au bord de l’eau doit subir de gros assainissements, y compris pour l’amiante, et des mises aux normes de sécurité. Partant, les responsables veulent agrandir la salle principale et sa cage de scène, augmenter sa capacité à 440 places, créer une salle de répétition, déplacer les loges, et faire nombre de modifications anti-feu ou d’adaptation pour les chaises roulantes. Le directeur Vincent Baudriller promet deux années de travaux sans temps morts, grâce à l’usage de la salle en bois et de tournées régionales hors les murs.

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Deux ans avant la fin de la législature, le syndic et son chef de service Michael Kinzer semblent mettre de l’ordre. Pas d’expansion tous azimuts, plutôt des consolidations. Les dernières manifestations en date sont, justement, les Rencontres 7e art ou Lausanne Méditerranées. Les autorités accroissent un peu leurs efforts pour Label Suisse, la Cité ou Cinémas d’Afrique, entre autres. Dans ce secteur complexe, la main publique doit composer avec les cotisations sociales et la professionnalisation, si possible, des fonctions. «Soutenir pas plus d’acteurs, mais mieux», résume Michael Kinzer.

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