Cinéma

«Captain Marvel»: super-pouvoir, ton nom est femme

L’avenir de l’humanité et des héros Marvel tient entre les mains d’une belle extraterrestre d’origine terrienne

Des rêves de mort la tenant éveillée, Vers (Brie Larson, la préférée de King Kong dans Skull Island) va s’entraîner au close-combat avec son instructeur, Yon-Rogg (Jude Law), qui l’encourage à contrôler ses émotions. Comme la glorieuse civilisation kree est en guerre avec les infâmes Skrulls, le commando part en mission dangereuse sur une planète obscure et tombe dans une embuscade. Vers est prise, l’ennemi fouille son cerveau, ravivant des images enfouies incompréhensibles – souvenirs d’enfance, de karaoké, d’amis inconnus. La guerrière se libère rapidement, assomme tous les Skrulls, démolit leur vaisseau et se retrouve catapultée sur Terre.

Le début de Captain Marvel est confus. Ce film interstitiel a pour but d’introduire dans le panthéon des super-héros un nouveau personnage appelé à jouer un rôle décisif dans le dernier volet de la Troisième phase de l’Univers cinématographique Marvel. On se souvient que dans Avengers: Infinity War, Thanos a réduit en poussière les deux tiers de l’humanité, dont un certain nombre de personnages clés ­ – Black Panther, Dr. Strange, Spider-Man, Peter Quill, Groot… Au dernier plan, juste avant de se volatiliser, Nick Fury a eu le temps d’activer la balise de Captain Marvel. Elle seule est désormais capable de tenir Thanos en échec. Mais qui est cet ultime recours?

Futur antérieur

Vers a vécu ses jeunes années aux Etats-Unis. Elle s’appelait Carol Danvers, elle était pilote d’essai. Un jour, le prototype qu’elle testait a été abattu. On n’a retrouvé sur les lieux du crash que la moitié de sa plaque d’identité, «Carol Dan[…]». Interceptée, reconditionnée, elle est devenue une combattante d’élite kree jusqu’à ce jour où elle choit sur sa planète d’origine, crevant le plafond d’un vidéoclub. Car l’action se déroule en 1995, ce qui permet de se gausser de la technologie de cette époque reculée – ordinateurs poussifs, beepers, cabines téléphoniques, VHS…

A propos d’antiquités, voici le fringant Nick Fury (Samuel L. Jackson, digitalement rafraîchi) qui vient arrêter l’extraterrestre tombée du ciel. Il est accompagné par l’agent Coulson, tué par Loki dans Avengers (2012). Conjugué au futur antérieur, Captain Marvel réjouit le spectateur initié en lui donnant les clés de quelques motifs qu’il connaît depuis des années.

Super-héros décimés

Vers, alias Carol, alias Mar-Vell, prend conscience de ses super-pouvoirs. Elle ne cherche plus à contrôler ses émotions, elle les libère avec une force de 50 mégatonnes. Elle est vraiment la seule à même de ramener à la vie les super-héros décimés dans Avengers: Endgame (26 avril).

Evidemment, les poursuites aériennes rugissantes, les interminables combats propres à démantibuler un rhinocéros, les projections incessantes d’énergie et les explosions assourdissantes sont lassantes. Comme toujours, le charme Marvel réside dans un second degré confinant parfois au surréalisme. Le meilleur du film tient dans cette mise en garde: «C’est pas un chat, c’est un flekern!» En plus, c’est vrai!


Captain Marvel, d’Anna Boden et Ryan Fleck (Etats-Unis, 2019), avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Ben Mendelsohn, Jude Law, Annette Bening, Djimon Hounsou, 2h04.


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