«Nous sommes les dernières personnes du monde à vivre sans téléphone portable. Parfois, nous n’entendons pas la sonnerie du fixe. Ne soyez pas alarmé si l’on ne vous répond pas.» Il faut rouler presque trois heures depuis Manhattan, traverser le printemps et les forêts, longer l’Hudson River puis le réservoir Ashokan, s’arrêter devant la sculpture métallique d’un tyrannosaure prêt à fondre sur vous. La maison de Carla Bley et de son compagnon depuis vingt-cinq ans, le bassiste Steve Swallow, est une longue hutte de bois déstructurée. Par bonheur, ils sont là. Carla, 83 ans, toute frange dehors, Swallow qui la regarde comme s’il venait de la rencontrer. Déjà dans l’histoire.