Marché de l'art

Carlo Zinelli, une figure sous-cotée de l’art brut

La cote de l’artiste italien, actif de 1957 à 1973, a nettement progressé depuis cinq à six ans. A l’affiche cet automne à la Collection de l’art brut, à Lausanne, il reste néanmoins très abordable si on le compare à ses homologues Henry Darger, Martin Ramirez ou Adolf Wölfli

Silhouettes fantomatiques perforées, long cortège de prêtres habillés de robes noires, femmes mutiques affublées de sac à main, hommes au chapeau à plume rappelant ses années passées sous l’uniforme des chasseurs alpins: tous défilent, déterminés, au milieu d’oiseaux, de mules, de saxophonistes et de barges chargées de personnages hiératiques ou de créatures exotiques, éléphants, chameaux ou autres lions. C’est lui, Carlo Zinelli (1916-1974), le metteur en scène de tout ce petit théâtre d’ombres, de tout ce petit monde énigmatique d’hommes et de femmes cabossés, meurtris, parfois amputés, mais debouts, vivants.

«Son œuvre, sorte de conte autobiographique, représente une véritable révolution formelle, souligne le marchand d’art brut parisien Christian Berst. L’itération, la dislocation, le dédoublement, l’atrophie, la stylisation, l’absence de perspective, les variations de plan et d’échelle, l’écriture dans les interstices qui bat comme un pouls, tout ceci confère à la composition un rythme d’une modernité effrénée.»