Dernière annonce en date, celle du secrétaire d’Etat américain John Kerry: depuis Amman en Jordanie, il a déclaré dimanche avoir défini avec son homologue russe Sergueï Lavrov les modalités d’un accord portant sur la cessation des hostilités. Il espère aussi que le président américain Barack Obama et le chef d’Etat russe Vladimir Poutine se parlent dans les prochains jours pour finaliser l’accord.

Mais le chef de la diplomatie américaine a aussi laissé entendre que certaines questions restaient à résoudre et qu’il ne s’attendait pas dans l’immédiat à une évolution de la situation sur le terrain. Les attentats particulièrement meurtriers de dimanche semblent lui donner raison sur ce point.

A Homs, au nord de la capitale, une double attaque à la voiture piégée a fait 59 morts et des dizaines de blessés, selon un nouveau bilan fourni par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’attaque a été perpétrée dans le quartier d’Al-Zahra à majorité alaouite, communauté minoritaire à laquelle appartient le président syrien Bachar al-Assad.

Les victimes sont en grande majorité des civils, selon l’OSDH, basée à Londres et qui dispose d’un réseau d’informateurs dans le pays. C’est le bilan le plus élevé pour un attentat du genre depuis octobre 2014 dans la troisième ville du pays.

Près d’un sanctuaire chiite

Quelques heures plus tard, dans les faubourgs sud de la capitale Damas, plusieurs bombes ont explosé dans le quartier de Saïeda Zeïnab, près du plus important sanctuaire chiite de Syrie qui abrite le mausolée de l’une des petites-filles du prophète Mahomet, a rapporté la télévision officielle syrienne. L’agence Sana a rapporté la mort de 83 personnes.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a quant à lui fait état de 68 morts et 160 blessées. Au moins 19 personnes se trouvaient dans un état de «mort clinique», d’après l’ONG, citant des sources médicales sur le terrain.

Les forces loyalistes progressent

La multiplication des protagonistes, les divisions internationales et la montée en puissance des groupes djihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra, ont miné les efforts pour un règlement du conflit. Cette guerre a fait en près de cinq ans plus de 260 000 morts et poussé à la fuite plus de la moitié de la population.

Ailleurs dans le pays, les combats se poursuivent entre les forces du régime et les rebelles très affaiblis, car marginalisés par l’EI et Al-Nosra. D’autres affrontements opposent forces kurdes et djihadistes, ou encore rebelles et djihadistes.

Dans la province stratégique d’Alep (nord), les forces du régime ont réussi à progresser à la faveur d’une offensive lancée le 1er février avec l’appui crucial de l’aviation russe et du Hezbollah libanais. Au moins 50 djihadistes de l’EI ont été tués dans les combats avec l’armée, qui avance notamment dans l’est de la province, et dans les frappes russes, selon l’OSDH.

Trêve contre l’arrêt des raids russes

Samedi, devant l’impasse diplomatique des derniers jours, l’opposition syrienne a parlé, elle aussi, de la «possibilité» d’une trêve provisoire, à condition que les alliés de Damas donnent des garanties. Elle exige notamment que la Russie cesse ses frappes aériennes, que le siège des localités assiégées soit levé et que l’aide puisse parvenir aux endroits qui en ont besoin.

Bachar al Assad s’est déclaré samedi prêt à un cessez-le-feu à condition que les «terroristes» ne profitent pas de la trêve dans les combats et que les pays soutenant les insurgés cessent de les appuyer.