Fun Lovin'Criminals, gentlemen cambrioleurs

Avec 100% Colombian, second album léché jusque dans ses moindres recoins, Fun Lovin'Criminals a rejoint le peloton des meilleurs groupes rock américains. Une consécration surprise que le trio new-yorkais est loin d'avoir volée. Pillant avec une élégance de gentlemen cambrioleurs tous les genres à leur portée – de la soul au funk, en passant par le hip-hop ou le jazz – Huey, Fast et Steve ont offert au rock à papa de quoi dégourdir un peu ses jambes fatiguées. Zappeurs aussi géniaux que facétieux, les bouillonnants malandrins de la Grande Pomme conservent en outre dans leur besace quelques bâtons de dynamite pure, à commencer par le mégatube «Big Night Out».

V. M.

Chapiteau, jeudi 22 juillet, 21 h 30.

Kruder & Dorfmeister, l'école de Vienne

Duo de remixeurs particulièrement prisés, Peter Kruder et Richard Dorfmeister ont marqué la production discographique de ces dernières années. Plus que leurs propres productions, c'est leur travail de lifting musical qui a braqué l'attention des amateurs de musique sur Vienne et sa scène électronique explosive. Le duo autrichien collectionne les remixes classieux. The K & D Sessions, leur dernier album, réunit des versions retravaillées de classiques empruntés à Depeche Mode, Bomb The Bass ou Alex Reece. Invités en tant que DJ's par le Paléo, leur prestation devrait balayer les échecs des précédentes soirées dance organisées par le festival. Le duo a en effet prévu un spectacle sonore incorporant des projections vidéo savantes.

Michel Masserey

Le Dôme, vendredi 23 juillet, 1 h 30.

Aznavour, en haut de l'affiche

«J'étais bien plus vieux quand j'étais jeune», claironne Charles Aznavour à qui veut l'entendre. Et ceux qui douteraient de cette cavalière assertion n'auront qu'à faire le déplacement de Paléo pour constater de visu que l'auteur de «La Bohème» et de «La Mamma» n'a perdu ni sa voix ni sa vista, même si, à 75 ans passés, ses apparitions scéniques se font de plus en plus rares. Habitué de la région lémanique, où il s'est installé il y a près de trente ans, celui qui a été tour à tour le chauffeur, le secrétaire et l'assistant d'Edith Piaf a accepté de se produire cette année sur la plaine de l'Asse pour son unique récital de l'été. L'occasion de revisiter – en live – l'immense répertoire de ce fils d'immigrés arméniens arrivé à la chanson en 1941, après s'être échiné à vendre des journaux à la criée. Des débuts modestes pour un artiste aujourd'hui considéré comme l'un des derniers dinosaures de la chanson française. C'est dire que l'on attend avec une impatience certaine le moment où sa frêle silhouette enrobée de noir fendra la nuit de Paléo.

V. M.

Grande scène, vendredi 23 juillet, 21 h 15.

22-Pistepirkko, l'éclat

de la pop polaire

Eleven, le dernier album du trio finlandais 22-Pistepirkko est une merveille de pop hypnotique. Bricolé avec une patience d'orfèvre, ce disque intègre la légèreté des Pet Shop Boys, le spleen vénéneux du Velvet Underground et le blues brûlant de John Lee Hooker. Un amalgame incongru de sonorités et de cultures opposées qui confèrent à l'ensemble un aspect décalé et onirique. Vingt ans après leurs débuts punk, les 22-Pistepirkko comptent parmi les groupes les plus novateurs du panorama rock, les plus émouvants aussi. Lorsque la voix acide et cassée d'Espe survole les délicats arrangements du trio, un délicieux malaise saisit l'auditeur, gagné par la nostalgie d'un pays lointain peuplé d'elfes et de rennes ailés.

Mi. M.

Le Dôme, samedi 24 juillet, 1 h 45.

Dominique A dominical

Hasard d'une programmation malicieuse ou signe d'une consécration loin d'être usurpée, le pape de la tendance minimaliste hexagonale prendra ses quartiers à Paléo le jour du Seigneur. Pressenti pour ouvrir les feux de l'ultime session du festival, l'auteur-compositeur-interprète ne devrait éprouver aucune difficulté à subjuguer le public nyonnais. Fuyant un succès qui s'annonçait cousu de fil blanc, l'auteur de La Mémoire neuve n'a pas hésité à retourner sa veste doublée de vison pour claquer la porte du Twenty-two Bar sur les doigts d'un public pourtant conquis par ses jolies ritournelles. Dernier album du Nantais, Remué secoue la poussière pop des livraisons précédentes à petits coups de guitares grinçantes et de mélodies décalées. Un disque sombre et cassant qui fouille sans en avoir l'air les blessures d'une France à la dérive. Un pavé dans la mare plaisant et sans complaisance, qui ravit sans chercher à séduire.

V. M.

Chapiteau, dimanche 25 juillet, 17 h.

Carlinhos Brown, soleil de Bahia

Fondateur de la Timbalada (groupe rassemblant près de 250 percussionnistes) et bienfaiteur de son quartier (Candeal, l'un des coins les moins avenants de Salavador de Bahia), Carlinhos Brown est également un créateur d'exception. En deux albums (Alfagamabetizado et Omelete man), Antonio Carlos Santos Freitas – patronyme de baptême du loustic à «dreadlocks» – s'est hissé au rang des plus grandes stars du Brésil, à l'instar de Caetano Veloso, Gal Costa ou Gilberto Gil. Distillant tradition locale, héritage africain et éléments pop, soul, reggae ou hip-hop, la musique de ce jongleur impénitent se déguste comme une glace à la papaye: sous le soleil exactement, les doigts de pieds en éventail et la langue pendante.

V. M.

Samedi 24 juillet, Grande scène, 18 h 45.