Pourquoi retourne-t-on voir un spectacle huit ans après l’avoir applaudi une première fois? Parce qu’on l’a aimé, pardi – à moins d’être masochiste, le spectateur s’impose rarement deux fois une purge. Oui, certes, mais encore? Parce qu’on pressent qu’on n’en a pas épuisé le mystère, qu’on n’a pas tout vu, qu’une harmonique méconnue va se révéler. Au Théâtre de Carouge, Le Malade imaginaire remonté par Jean Liermier offre ce plaisir, celui de la reconnaissance et de la surprise, celui aussi d’une émotion plus intime.