Céramique

A Carouge, la terre s’illumine

Le Parcours céramique carougeois est né en 1989. Visite de la 14e édition

A Carouge, la terre s’illumine

Artisanat Le Parcours céramique carougeois est né en 1989. Visite de la 14e édition

Au fil du dernier quart de siècle, le Parcours céramique carougeois a fidélisé un public de connaisseurs et d’amateurs, ainsi que de simples promeneurs séduits par l’alliage de technique et d’inventivité que dénote le travail de la terre. La 14e édition de ce festival réunit des plasticiens confirmés et de jeunes talents. Une vingtaine de lieux ponctuent le parcours, dont les points forts sont le traditionnel Concours international de céramique au Musée de Carouge, cette année sur le thème de la lampe céramique; la collective aux Halles de la Fonderie, où exposent entre autres des vedettes de la scène nordique; puis, hors Carouge, le céramiste japonais Takashi Hinoda au Musée Ariana et Jean Girel, à la manière des céramistes chinois sous la dynastie Song, à la Fondation Baur.

Les représentants des lieux organisateurs, dans le jury placé sous les feux de lampes diverses et multiformes, ont su distinguer «l’harmonie et la justesse», et une grande pureté, dans l’œuvre de l’Anglaise Sarah Jenkins. Comme beaucoup d’autres participants, cette céramiste a opté pour la porcelaine, qu’il est possible de travailler si finement que la lumière filtre et qu’un jour blanc et tamisé se répand alentour.

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Le choix de Swissceramics récompense le collectif Los Pecaros, composé de Mathieu Carera et Fabien Clerc. Ceux-ci revisitent le trophée de chasse et leur crâne de cervidé en porcelaine acquiert un singulier pouvoir de séduction, presque un souffle de vie, lorsqu’il est «allumé».

Plus fonctionnelle, et relevant du design, la lampe qui vaut à Damian Fopp et Laurin Schaub de recevoir le Prix de la Ville de Carouge conjugue un pied épais et un abat-jour en chapeau de champignon. Plusieurs autres propositions méritent d’être examinées de près. Ainsi du petit groupe humoristique de la Canadienne Claudel Hébert, des collines jaunes de Xue Li ou des délicats filigranes de Sarah Rooms-Heaphy. Aux Halles de la Fonderie, la «ligne», donnée pour thème, a plus ou moins été suivie par les cinq exposants, des créateurs versés dans la sculpture céramique. Intéressant travail sur l’empreinte par Bente Skjottgard, patientes cottes de mailles de l’Américaine Ruth Borgenicht et superbes et amples «panoramas» de la Norvégienne Marit Tingleff, en faïence émaillée.

Les galeries et ateliers exposent des pièces de qualité, les objets à la fois vides et pleins d’Ursula Morley-Price, et les encres de Heidi Kailasvuori, à la Galerie Séries rares, les subtiles mosaïques de Jeanne Opgenhaffen à l’Echoppe des arts, la création d’un four constitué de bouteilles par Patrice Voelkel, et les personnages de Bertrand Secret, à l’Atelier Maison Potter. Le public aura fort à faire, en une semaine, pour se frayer un chemin parmi toutes ces œuvres de terre et de feu.

Parcours céramique carougeois. Ma-ve 11-18h30, sa-di 11-17h. Jusqu’au 27 septembre. La lampe céramique. Musée de Carouge, tél. 022 307 93 80. Ma-di 14-18h. Jusqu’au 6 décembre.

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