Qui ? Aleksandra Mizielinska et Daniel Mizielinski
Titre: Cartes. Voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde
Chez qui ? Rue du monde. Dès 9 ans et pour tous

Le premier s’appelle sobrement Cartes; mais il est sous-titré Voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde. Et il est vrai qu’il y a de quoi s’émerveiller lorsqu’on parcourt cet album qui permet une lecture butineuse.

Vous avez dit diversité? Si vous doutiez encore de cette réalité, cet incroyable atlas traduit du polonais vous convaincra sans peine. Chaque double page raconte un pays, mais pas uniquement sa géographie: on y découvre, représentés par une myriade de petits dessins charmants (l’éditeur en annonce 4000), ses ressortissants célèbres, ses spécialités culinaires, sa faune, sa flore, son industrie, ses curiosités naturelles ou bâties par l’homme, ses traditions, ses légendes et j’en passe bien sûr. Cette esthétique du foisonnement, de la multitude joyeuse et ordonnée, permet de transformer la démarche didactique en une magnifique aventure: aventure infinie, qui excite toutes les curiosités, parle à toutes les envies et suscite tant de rêves de départ. Ici ce n’est pas le diable qui se cache dans les détails, mais bien un petit paradis pour les lecteurs curieux, où l’information stimule l’imagination.

Qui ? Martin Jarrie
Titre: Rêveur de cartes
Chez qui ? Gallimard Jeunesse. Dès 12 ans et pour tous

Si le premier ouvrage répertoriait notre monde, le second l’invente. Martin Jarrie propose avec Rêveur de cartes une magnifique immersion en des terres inconnues, et pourtant… Des îles, des villes, des continents, le peintre (et auteur) réécrit notre univers en inventant le sien, où la science et l’imaginaire se télescopent, engendrant des chimères qui pourraient sans peine appartenir à une réalité juste à côté de la nôtre: l’archipel d’A, la mer des Impairs, le golfe des Pairs, la Villettre (on y tranche des mots dans ses fameux abattoirs…), la plaine d’Anamnézie…

A chaque lieu sont consacrées 4 ou 6 pages, où l’on trouve une explication sur son nom, son origine, un schéma le représentant, puis ici le portrait de l’explorateur qui l’a découvert, là un exemple de faune ou de flore, plus loin les êtres, souvent étranges, qui le peuplent.

Martin Jarrie aime les catalogues, les répertoires; celui qu’il présente ici décline une sorte de poétique des lieux imaginaires, la minutie de sa peinture offrant à l’extravagance de son propos une crédibilité magique!