Les murs tremblent ces jours à Malley, dans la banlieue lausannoise. La Manufacture, nom donné à la Haute Ecole de théâtre de Suisse romande, «est encore un chantier», souffle Yves Beaunesne, directeur du tout jeune institut. Mais, signe d'impatience, les candidatures d'élèves se bousculent: près de 150 ont déjà manifesté leur intérêt, à deux mois et demi du premier tour du concours d'entrée, agendé du 19 au 25 mai.

Si les travaux se poursuivent dans l'ancienne manufacture de taille de pierres précieuses, Yves Beaunesne, lui, a eu le temps de définir les axes de la première année: entrée en matière classique avec Tchekhov et Shakespeare qui devraient faire battre à la folie le cœur de la dizaine d'élèves sélectionnés, le tout à travers plusieurs ateliers.

Ateliers

Le metteur en scène a aussi composé son casting pédagogique idéal pour cette année inaugurale: le chorégraphe lausannois Philippe Saire prendra en charge l'enseignement corporel, la comédienne genevoise Michèle Millner le volet musical, le scénariste et dramaturge Antoine Jaccoud initiera les élèves aux rudiments de l'écriture et Philippe Morand, directeur sortant du Poche de Genève, animera un atelier consacré aux nouvelles de Tchekhov. Des professeurs français dispenseront aussi leurs lumières: citons notamment Pierre Debauche et Jean-Yves Ruf. Quant à Yves Beaunesne, il sondera l'âme tchékhovienne avec ses étudiants.

Les aspirants comédiens devraient donc être d'emblée dans le vif du sujet. Et connaître très rapidement un baptême du feu: à la fin de la première année déjà, les futurs diplômés répéteront un spectacle sous la direction d'Omar Porras. Neuf semaines de répétitions, avant de présenter leur création au Théâtre du Peuple à Bussang d'abord, dans les Vosges, puis en Suisse romande même. C'est ce qui s'appelle être sur orbite.