#Un jour, un tweet

Cate, la Palme et le féminisme

Dans quelques heures, on connaîtra le palmarès du 71e Festival de Cannes. Suspense, suspense…

Jusqu’au 19 mai, le hashtag #Cannes2018 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, du cinéma, mais pas seulement.

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Depuis la fin de la projection, dans la soirée de vendredi, du 21e et ultime film en compétition (le très beau Poirier sauvage, de Nuri Bilge Ceylan), une seule question empêche les festivaliers de sombrer dans une profonde léthargie après douze jours de projections, de rencontres, de débats parfois tranchés et de nuits souvent courtes: mais qui va finir, au bout de ce marathon cinématographique de douze jours, par décrocher la Palme d'or 2018?

Certain.e.s avancent déjà cette hypothèse: le 71e rendez-vous cannois ayant été le premier de l’ère #MeToo, et le jury étant à majorité féminine grâce à sa présidence confiée à Cate Blanchett, le palmarès – sept prix au total – sera engagé. Il serait notamment étonnant de ne pas y retrouver l’une des trois réalisatrices sélectionnées, à savoir la Française Eva Husson, l’Italienne Alice Rohrwacher et la Libanaise Nadine Labaki. Une chose est sûre: les choix du jury seront encore plus analysés et commentés que d’habitude.

Romanesque contre indécence

Si Eva Husson ou Nadine Labaki se trouvent récompensées, par exemple d’une Palme d'or ou d’un Grand Prix, une partie de la presse se déchaînera. La première a en effet fait l’unanimité contre elle avec son maladroit et poussif Les filles du soleil, tandis que la seconde et son Capharnaüm ont violemment divisé la critique. Le Monde parle par exemple d’un film d’une «grande force romanesque» et y trouve «quelque chose du regard des romanciers du XIXe siècle dans la manière dont Nadine Labaki met en scène le dénuement, et ses effets sur l’humanité de ceux qui en sont victimes», alors que Libération le démolit dans les règles, lui reprochant son final amenant «un torrent de miel et de violons […], avec une manière de forcer l’émotion et d’imposer à la truelle des condamnations et des happy ends qui confinent à la plus parfaite indécence».

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En sacrant par contre Alice Rohrwacher pour Heureux comme Lazzaro, un film très chaleureusement accueilli, Cate Blanchet et son jury récompenseraient un film pour de bonnes raisons, c’est-à-dire pour ses qualités intrinsèques et non à cause du sexe de son auteur… Suspense…

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