Après Claudia Cardinale, Ornella Muti et Monica Bellucci, voici que l'Italie lance déjà la suivante de ces «bombes» dont elle a le secret. Caterina Murino, 30 ans, est Sarde de Cagliari. Et comme ses aînées, elle est en train de prouver par ses choix qu'elle n'a pas qu'un corps, mais aussi une tête bien faite.

Mannequin à 14 ans, Miss Sardaigne à 16 et finaliste de Miss Italie à 19, en 1996, elle aurait pu rester une de ces étoiles filantes de papier glacé et de plateaux TV. Mais elle aspire à plus. Recalée au concours d'entrée de médecine, elle apprend le français, l'anglais et l'espagnol, suit à Rome les cours de théâtre de Francesca De Sapio. Quelques apparitions sur scène, petit et grand écran plus tard, elle obtient sa première chance en France, en étant engagée pour L'Enquête corse (2004).

Entre Christian Clavier et Jean Reno, on ne remarque qu'elle dans cette comédie poussive. Idem pour L'Amour aux trousses, vague comédie policière avec Jean Dujardin et Pascal Elbé. Après une apparition dans Les Bronzés 3, la voilà qui risque déjà de se voir cataloguée «beauté popu sans intérêt».

Par-delà James Bond

C'est alors que survient sa deuxième chance: elle est retenue comme «James Bond Girl» dans Casino Royale de Martin Campbell, où elle a l'insigne honneur (fatal) de tester la carrure de Daniel Craig pour le rôle, avant Eva Green. Connaîtra-t-elle le triste sort de trop de devancières, vite oubliées?

A la voir rebondir avec deux jolis rôles secondaires dans des films d'auteur, le cap critique semble déjà passé. Prostituée sentimentale dans Ciao Stefano, la voilà enfin lancée en Italie. Et dans Le Grand Alibi, il n'y a guère que Mathieu Demy pour ne pas se souvenir d'avoir couché avec elle: rien que sa sortie de bain dans le plus simple appareil pourrait immortaliser ce film alibi, par ailleurs guère mémorable.