Chez Catherine Monney, on entre par la cuisine. Elle sert le thé, et une fois l’enregistreur enclenché, elle dit: «On va faire une anamnèse.» Puis elle ajoute: «On verra bien où ça nous mène.» Comment raconter l’histoire extraordinaire de Locus Solus? Et surtout, par où commencer? Par les œuvres, par les murs, ou par celle qui les occupe? A la fin, on comprendra que tout se confond bel et bien, que l’esprit des lieux a tout à voir avec le destin de cette femme. Et quant à savoir si Catherine Monney habite dans sa galerie, ou si, au fond, c’est la galerie qui habite Catherine Monney, la question peut bien rester irrésolue. Entre ces murs singuliers, il y a de l’art et de la vie.