L'émission Dare-Dare sur Espace 2 a diffusé lundi un reportage sur l'avenir du Centre culturel suisse de Paris. On y rappelait une information qui n'a pas surpris ceux qui ont assisté à sa création entre 1983 et 1985: les locaux installés dans la cour de l'Hôtel Poussepin – c'est-à-dire les salles de spectacle et d'exposition – sont destinés à la démolition. Pendant le XIXe et le XXe siècle, les cours et les jardins des anciens hôtels particuliers du Marais (où se trouve le CCS) ont été envahis par les locaux artisanaux et industriels. André Malraux a voulu, dès le début des années 60, que ce quartier retrouve son intégrité architecturale et notamment ses jardins. Cette volonté a été reconduite depuis, notamment en 1996. Le cahier des charges des architectes chargés des travaux de l'Hôtel Poussepin précisait que le bâtiment rénové était prévu pour une durée de vie de vingt ans. Mais la démolition n'est pas encore programmée. Le budget initial de création du CCS en a d'ailleurs tenu compte. Et, comme le précisait sur Espace 2 Otto Ceresa, qui a conduit cette création, l'opération immobilière est rentabilisée depuis longtemps. Compte tenu de l'absence de décision, et des délais d'application et de recours, la pérennité du CCSP dans les années qui viennent ne dépend donc que de la Confédération et de Pro Helvetia.