La Chronique de l'art

Dans le cénacle des grands collectionneurs

Jadis, collectionner l’art était l’affaire d’une élite de connaisseurs. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’un sport de compétition dont il faut bien connaître les règles

La semaine dernière, lors de la journée d’ouverture de la foire Frieze – moment privilégié réservé aux VIP –, les espaces des exposants regorgeaient de monde, les points rouges pullulaient, l’ambiance était tendue. Les collectionneurs étaient nombreux à venir convoiter les récentes acquisitions des galeristes, mais il ne suffit plus d’avoir les moyens pour les acquérir. Jadis, collectionner l’art était l’affaire d’une élite de connaisseurs. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’un sport de compétition dont il faut bien connaître les règles.

D’une part, le nombre de grands collectionneurs a sensiblement augmenté ces dernières années, que ce soient de nouveaux amateurs qui souhaitent figurer parmi les détenteurs d’œuvres créées par des artistes de renom ou des investisseurs à la recherche d’une classe d’actifs alternatifs à l’immobilier et à la bourse. D’autre part, les marchands exercent un contrôle sur la cote de leurs artistes en sélectionnant les collectionneurs, au détriment des investisseurs. Certains collectionneurs de la nouvelle génération se plaignent de ne pas pouvoir accéder aux œuvres qu’ils cherchent vainement à posséder.