Ai Weiwei, cent fleurs, un vase et la censure

Festival Discrète présence au FIFDH

Il semble hors de propos, là, dans un coin du Café Babel, au Festival du film et forum sur les droits humains (FIFDH). C’est un vase chinois de la plus belle rondeur, à motif bleu. Des fleurs. Un des nombreux signes qu’Ai Weiwei fait éclore contre l’actuelle censure chinoise, ainsi comparée à la chasse aux intellectuels qui a suivi la campagne des «cent fleurs» de Mao. Il y en a par exemple des milliers, fleurs de porcelaine blanche débordant d’une baignoire, d’un évier, et même des toilettes de l’ancienne prison d’Alcatraz, investie par l’artiste pour une exposition ouverte jusqu’en avril.

Rien d’un tel débordement à Genève. Ce n’est pas une exposition, à peine un signe maladroitement mis en scène. Mais peu importe, le FIFDH se fait ici le relais d’un projet contre la censure chinoise et qui s’y heurte. Un motif floral devrait être tatoué sur Manuel Salvisberg, fondateur de la Freedom Flowers Foundation, peint sur cent vases et publié sur Internet avec les biographies de cent activistes chinois.

Et puisque nous sommes dans le mode floral, citons un autre projet relayé par le FIFDH, Sous le jasmin, une exposition qui a pu être montrée en Tunisie même, et qui l’est aujourd’hui à la Maison des arts du Grütli. Augustin Le Gall, grâce à des portraits en noir et blanc très travaillés, donne visages, et paroles, à des victimes de la torture en Tunisie. Cette émouvante dénonciation de la violence institutionnalisée a pu être faite en collaboration avec l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Et on ne manquera pas, au café du Grütli, les dessins réalisés en solidarité avec Charlie Hebdo, sélectionnés par Plantu et Chappatte, cofondateurs de Cartooning for Peace.

FIFDH, Maison communale de Plainpalais et Maison des arts du Grütli, Genève. Jusqu’au 8 mars. www.fifdh.ch