Oscar Gomez Mata, Omar Porras, François Gremaud, Christian Geffroy Schlittler ou encore Yan Duyvendak. Ces noms vous disent quelque chose? Normal, ces metteurs en scène romands appartiennent à la fine fleur théâtrale du moment. Et, pour cette raison, figurent à l’affiche de la deuxième édition des Journées de Théâtre suisse contemporain (JTC), qui se déroule entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds dès ce soir. Un mini-festival de quatre jours destiné aussi bien aux programmateurs suisses et étrangers qu’au grand public, accueilli pour 15 francs par jour. Sandrine Kuster, responsable de l’opération, en donne les clés.

Le Temps: En 2009, vous avez déjà organisé de telles journées. Pour quels résultats en termes de tournées?

Sandrine Kuster : Construites sur le modèle des Journées de danse contemporaine suisse, les premières Journées de théâtre ont eu lieu entre Genève et Lausanne. Elles ont débouché sur la vente du spectacle Kaïros de l’Alakran, sur l’engagement de Sandro Palese par le Grütli et sur différents contacts dont ont bénéficié Dorian Rossel et Christian Geffroy Schlittler. Outre les ventes fermes, les Journées de théâtre contemporain fonctionnent comme une vitrine. C’est l’occasion unique de voir neuf spectacles en quatre jours dans une proximité géographique.

– Pourquoi Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds comme lieux d’ancrage de cette seconde édition?

– Parce qu’avec le Théâtre du Passage emmené par Robert Bouvier et le théâtre Arc en Scènes dirigé par Andrea Novicov, dont les créations figurent aussi à l’affiche de ces journées, les publics de ces deux villes sont familiarisés au langage contemporain. Nous avons aussi envisagé le Valais, qui se mobilise de plus en plus dans ce domaine. Ce sera pour la prochaine fois!

– Le but premier de ces journées consiste à diffuser des spectacles romands à l’étranger. Combien de programmateurs sont-ils inscrits et d’où viennent-ils?

– Cent programmateurs se sont annoncés, dont 60% de Suisses. Le reste se répartit entre la France, la Russie, la Pologne, l’Allemagne et l’Italie. C’est très prometteur.

– Et les artistes choisis? Peut-on définir un profil type?

– Oui, la plupart sont ce qu’on appelle des écrivains de plateau. C’est-à-dire des artistes qui élaborent leur spectacle sur la scène, de manière collective et sans texte préalable. La production la plus emblématique de cette mouvance est sans conteste Les Fondateurs et le dragon magique , qui construit pour de bon un décor au fil de la représentation. Notez que nous proposons aussi Imitation of life, un spectacle suisse-allemand surtitré en français. C’est une création autour des faux-semblants et de la manipulation, où un couple et un imposteur entrent en tension et transforment l’espace. La présence d’une compagnie alémanique s’explique par nos contacts répétés avec Zurich et Bâle, pôles de la création contemporaine.

Journées de théâtre suisse contemporain, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel, du 16 au 19 janvier, 032 967 60 50 et 032 717 79 07, http://journeestheatrecontemporain.ch