Cerbère

L’exil noir de Josef Koudelka

Est-ce le déchirement d’avoir quitté une terre meurtrie? Dans Exiles, de Koudelka, toutes les images, ou presque, disent la violence, évoquent une menace. Les ombres planent, immenses. Une tortue tend les pattes vers le ciel. Une grand-mère promène sa carcasse bossue sur des pavés mouillés par la pluie. Un type porte un bouquet de fleurs et même autour de celui-là flotte un parfum d’étrangeté inquiétante. Le livre, magnifique, est republié chez Robert Delpire, ami fidèle, avec dix nouvelles images. Il raconte les années d’errance à travers l’Europe et les Etats-Unis, après le Printemps de Prague, que Koudelka photographia anonymement, et jusqu’aux années 1990.

Koudelka: Exiles, Editions Robert Delpire, 77 p.