Chat échaudé craint l'eau froide: après les échecs artistiques de L'Homme au masque de fer et La Plage, les films qui ont suivi Titanic etqui étaient uniquement construits comme véhicules à sa gloire, Leonardo DiCaprio a pris ses distances avec le système hollywoodien. Ces cinq dernières années, il n'a tourné qu'avec Spielberg et Scorsese. Il a aussi monté une structure de production qui lui permet de préparer ses projets, loin de toute stratégie marketing. Loin surtout du «play or pay» qui a abaissé le niveau des films et dont la plupart de ses collègues se contentent.

De quoi s'agit-il? La clause de contrat «play or pay» existe depuis que les studios font uniquement reposer leurs projets sur le pouvoir d'attraction des stars. Le cachet des vedettes a donc pris l'ascenseur ces dix ou quinze dernières années (depuis les 20 millions de dollars environ obtenus par Jim Carrey pour Cable Guy en 1996) et le système s'est trouvé pris dans un cercle vicieux. Aujourd'hui, la grande majorité des films hollywoodiens sont fabriqués sur le «play or pay».

L'idée est simple. Un studio lance un concept. Par exemple: une suite de Basic Instinct. Idée géniale, car rentable! Mais avant même que la première ligne de scénario ne soit écrite, pour s'assurer que Sharon Stone sera de la partie, le studio lui fait signer un «play or pay»: si le film se fait dans un délai limité et selon les désirs de la star, c'est «play» et tant mieux; sinon, c'est «pay» et Sharon Stone touche son salaire quand même (en l'occurrence 14 millions de dollars). Le vice du système, c'est que les studios envisagent rarement de ne pas tourner le film. Alors ils le produisent coûte que coûte, avec de mauvais cinéastes et des scripts même inachevés.