Musique

Si cerf à mon cœur

Après un très bel album album en janvier, le trio genevois Dear Deër passe les salles romandes en revue. Dimanche, ce sera l’Usine de Genève

A leur propos, on a beaucoup usé de métaphores forestières . C’est peut-être dû à leur nom, Dear Deër – ce cher cerf qui, accompagné d’une jeune fille nue d’albâtre, se retrouve dans les sous-bois qui ornent la pochette de leur album, «War is Over», publié au début de cette année chez La Belle Chic.

La forêt est un marqueur polysémique : cela peut être celle du sanglier et du loup, lourdeur farouche, goût du sang, mâchoires de l’hiver. Mais cela peut également être celle d’âmes plus légères, plus mélancoliques aussi peut-être : esprits des lisières, guettant le réveil printanier ou le long crépuscule de l’automne. C’est ce second sentier qu’empruntent les trois Genevois (Thao Bui, Marion Devaud et Cristobal Fuentes) qui font vivre Dear Deër : folk boisé (on parle ici de sonorité), tour à tour grisé ou allègre (l’excellent « Speak Up ! »), et à chaque titre extrêmement malin.

Le trio possède des dons de composition indéniables, tout comme le sont ses savoirs d’ambianceur et son goût pour de très légères transgressions électroniques toujours bien senties. Il peut aussi se reposer sur des individualités de brio : la voix très agile de Fuentes, entre autres, fait ici merveille. Mais c’est bien à une œuvre de synthèse qu’on a affaire, car cette voix se repose sur des travaux de cordes (frappées du piano, frottées du violon) de premier ordre.

Dear Deër ouvre pour Matthew E. White ce dimanche, 3 mai, au PTR de l’Usine de Genève, place des Volontaires 4, dès 20h. Loc. ptrnet.ch

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