Cesare Viviani

L'Œuvre laissée seule

Trad. de Bernard Simeone

Verdier, 108 p.

Marqué par la mort d'un ami très proche, prêtre de son état, le poète Cesare Viviani s'interroge en huit chants d'une poignante intensité sur le mystère de la vie et de la mort. Il ne s'agit pas de poésie religieuse. Le constat final frôle d'ailleurs le nihilisme: «Et la fin arrive/ pour interdire la divinité: la fin implacable/ anéantit, nulle valeur ne reste, il n'y a pas/ d'âme.» L'Œuvre laissée seule (L'Opera lasciata sola), publiée en 1993 et remarquablement traduite aujourd'hui par Bernard Simeone, qui signe aussi une passionnante préface, marie avec bonheur poésie et métaphysique. Cesare Viviani, né à Sienne en 1947, réussit à faire de l'expérience personnelle du deuil l'enjeu d'une réflexion universelle sur le sens de la réalité. Simeone compare sa démarche à celle de Mario Luzi, mais aussi et surtout à celle d'un autre illustre Siennois: l'écrivain Federigo Tozzi, auteur du bouleversant Les Yeux fermés, l'un des plus beaux romans italiens du XXe siècle. Une ferveur métaphysique magnifiée par une langue superbe, que l'édition bilingue permet de savourer pleinement.