Molières

«C’est trop blanc»: le discours du comédien Fary sur le manque de diversité dans le théâtre

L’humoriste français a livré une performance très remarquée à l’occasion de la 31e édition des Molières, dénonçant l’absence de diversité dans la cérémonie

Ce lundi 13 mai se tenait le proverbial rassemblement du théâtre français: la 31e Nuit des Molières. Une cérémonie marquée par un nombre record de femmes nommées dans la catégorie humour, par l’intervention de «gilets jaunes» sur scène mais aussi par le discours corsé du comédien français Fary. Ce dernier a profité de l’invitation pour protester contre le manque cruel de diversité dans le théâtre français, non sans une pointe d’ironie.

«Salut les Blancs!»

«Salut les Blancs!» a-t-il commencé par lancer sur la scène des Folies Bergère. «Je suis désolé mais j’ai un rôle à tenir dans cette soirée. On m’a dit: «Fary, il faut que quelqu’un leur dise que c’est trop blanc», a-t-il poursuivi. Le comédien semble alors évoluer dans un registre encore trop sensible, comme en témoignent les quelques rires jaunes dans l’auditoire tout au long de sa prestation. Et lorsque Fary poursuit sur le racisme anti-blanc, certains semblent un peu chatouilleux. L’artiste s’est d’ailleurs attiré les foudres de plusieurs internautes:

D’autres ont cependant salué la prestation en évoquant le courage de l’artiste d’avoir su aborder cette question de la diversité dans les arts théâtraux.

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Si le comédien est loin d’avoir fait l’unanimité au terme de sa prestation, son postulat de départ, le manque d’inclusion des comédiens issus de la diversité dans le milieu théâtral, mérite qu’on s’y intéresse de plus près. En observant la liste des quelque 90 nommés pour cette 31e édition, on s’aperçoit qu’ils restent en majorité blancs.

La question de la diversité dans les arts n’est pourtant pas neuve. En 2016 déjà, certains médias relayaient une tribune du collectif «Décoloniser les arts» dans laquelle plusieurs membres s’offusquaient d’une cérémonie «désespérément blanche». Une situation qualifiée de «racisme d’omission» par ses auteurs.

Alors peut-être faudrait-il ajouter, comme le suggérait le comédien Fary lors de son intervention, «une catégorie «urbain» aux Molières, puisqu’on le sait maintenant, ce que ça veut dire, «urbain». Ce sont les autres: les Noirs, les Arabes et les gentils […] mais je me suis dit: même-là vous pourriez faire gagner Orelsan.»

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