Cinéma

«C’est à nous, les femmes, de changer les représentations de nos sexualités»

Avec «Mon tissu préféré», Gaya Jiji aborde l’émancipation féminine via le rapport au corps avec une grande sensualité. Rencontre avec une cinéaste syrienne qui revendique la liberté et l’égalité des genres

Damas, 2011. Alors que la révolution syrienne éclate et que la répression se fait de plus en plus violente, la jeune Nahla fait face à son propre bouleversement intérieur. Elle s’apprête à vivre un mariage arrangé avec Samir qui pourrait lui permettre de quitter la Syrie pour les Etats-Unis et explore sa féminité avec sa voisine, madame Jiji, propriétaire d’une maison close. Entre rêve et réalité, la réalisatrice Gaya Jiji propose avec Mon tissu préféré une variation sur la sexualité féminine, sur fond de manifestations politiques.

Manal Issa, vue récemment dans Nocturama, de Bertrand Bonello, électrise la caméra d’une moue boudeuse et magnétique. Si le film aurait gagné à être plus fluide et moins nébuleux, il a tout de même été sélectionné l’an dernier par le Festival de Cannes pour sa section Un Certain Regard. Pour Gaya Jiji, cet honneur fut l’aboutissement d’un rêve d’adolescente.