La foule était compacte, les robes de soirée chatoyantes jeudi devant le cinéma Corso, place Bellevue. C’est le point névralgique du «Zurich Film Festival» qui a débuté avec une soirée gala. Frou-frou, tapis rouges, la manifestation qui vante son glamour reste fidèle à elle-même pour cette 5e édition.

Elle propose pendant dix jours soixante films, trois compétitions, dix premières mondiales et la venue très médiatisée de vieux loups de l’écran: Roman Polanski, Morgan Freeman, Gérard Jugnot ou encore Peter Fonda.

Depuis quelques jours, les commerces sponsors de la ville affichent l’enseigne en forme d’œil. Cette édition dispose d’un budget de 3,8 millions (2,3 millions en 2007) contre un peu plus de 11 millions pour le Festival de Locarno. A Zurich, plus de 90% des gains émanent de sponsors. Les coorganisateurs, l’ancien mannequin Nadja Schildknecht et le producteur Karl Spoerri, jouissent d’un réseau de relations étendu mais des critiques regrettent un choix artistique conditionné par les rentrées financières.

Conflit d’intérêts

Ce jeudi, en cette soirée de gala, le festival proposait le film du Suisse Alain Gsponer, Lila, Lila, inspiré du roman de Martin Suter. Or, comme le faisait remarquer le Tages-Anzeiger, ce film est coproduit par Millbrook Pictures, maison pour laquelle travaille… Karl Spoerri. Le festival refuse de commenter ce conflit d’intérêts, mais il ne rafraîchit pas son image.

Et le programme alors? Au-delà des films en compétition, on relèvera la rétrospective Roman Polanski, le cinéma argentin dans la section «nouveau monde» et les 13e journées du court-métrage de Winterthour. Une offre boulimique qui visiblement convient à un public encore en hausse d’une édition à l’autre. L’an dernier, ils étaient 36 000 visiteurs (8 000 en 2005).

Jusqu’au 4 octobre. Rens. www.zurichfilmfestival.org