Questions à

«C’est notre rôle de soutenir la création émergente»

Question à Nathalie Tacchella , coresponsable du Galpon avec Gabriel Alvarez

Carrefours. Entre les jeunes artistes et entre les genres scéniques. Depuis hier et pendant un mois, le Théâtre du Galpon, à Genève, accueille six compagnies locales fraîchement constituées dans une idée de tremplin et d’échanges. Nathalie Tacchella, coresponsable du Galpon aux côtés de Gabriel Alvarez, explique le sens de cette manifestation qui mêle danse butô, projections vidéo, théâtre et performances.

Le Temps: Quels principes poursuit Carrefours?

Nathalie Tacchella: Outre la création, l’échange de partenariat et l’art du spectateur, la formation s’inscrit dans le projet artistique du Galpon. C’est donc notre rôle de soutenir la création émergente et de lui donner non seulement une scène où se produire avec un bon encadrement technique et promotionnel, mais aussi des moments d’échanges durant lesquels ces compagnies peuvent parler de leur réalité pratique et de leurs ambitions artistiques.

– Comment avez-vous choisi les six compagnies? Est-ce que le panachage des genres était une condition?

– Les compagnies doivent être romandes et en voie d’émergence. En revanche, la variété artistique s’est imposée spontanément. La compagnie de Sofie Dubs qui se produit encore ce jeudi soir et demain propose des créations in situ; la compagnie Tout Fait Main, qui enchaîne, travaille sur un théâtre plus classique inspiré de Grotowski. La compagnie Cadmium d’Annika Dind s’est spécialisée dans la danse butô. Blandine Costaz est comédienne et auteur, elle écrit donc depuis et pour la scène. Ann Schönenberg propose un travail insolite qui mélange projections vidéo et mouvements, le tout sans parole. Enfin, la compagnie Kaleidos livre une pièce musicale sur la légende de Médée. Ce sont chaque fois des univers particuliers. On le voit avec cette nouvelle génération, la scène est vraiment le lieu de tous les possibles.

– Vous n’avez vu aucun des spectacles programmés. Quel est le gage de qualité de Carrefours?

– Chaque spectacle est en effet un pari, une carte blanche dont nous découvrirons le résultat avec le public. Mais le Galpon est cet endroit où l’on peut chercher et se tromper. C’est du reste notre ligne, toute l’année. Ni Gabriel Alvarez, ni moi n’interférons dans la part artistique des spectacles que nous programmons. Notre seule revendication, c’est de sentir une cohérence dans le travail de l’artiste, mais une cohérence qui supporte ses paradoxes!

– Des temps forts durant cette manifestation?

– Oui, le lundi 18 mars, nous organisons une table ronde sur l’interdisciplinarité, comment les artistes appliquent ce principe concrètement. Et le 23 mars, Nadège Réveillon, responsable des Editions Kazalma, parlera de l’édition de textes de théâtre, de ce que les arts vivants apportent à ce domaine.

Carrefours, Théâtre du Galpon, Genève, jusqu’au 31 mars, 022 321 21 76, www.galpon.ch

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