C’est sans doute dû à son format, presque familial. Ou alors à son QG, cette forteresse médiévale au charme fou. Plus certainement, si le Belluard Bollwerk International séduit autant, c’est que chaque édition s’illustre par son inventivité et sa pertinence de programmation. L’an dernier, le rendez-vous s’était penché sur la solitude, choisie ou subie, et le public visitait une cabane en forêt, des ladies à chat ou un pingouin, dernier représentant de sa lignée. Cette année, le festival emmené pour la dernière fois par Anja Dirks s’interroge sur l’impact de l’art. A cette occasion, il a frappé sa monnaie, les belluards, dont les billets, distribués gratuitement à la population au gré d’une «campagne de corruption», sont dépensés sur le site des festivités selon un taux de change taquin qui varie chaque jour. Mais encore, samedi dernier, on a voyagé d’Alep à l’Afrique du Sud en passant par Bâle, à travers des artistes qui se souviennent d’une ville meurtrie ou se construisent une nouvelle vie.