festival

Cette fois, le NIFFF va vraiment envahir Neuchâtel

Pour la première fois, le Festival international du film fantastique aura son open air en plein centre-ville. Cette édition, en juillet, sera marquée par la Nouvelle-Zélande et l’Amérique du Sud

On ne se refait pas. Jeudi, au moment même où le pape posait le pied à Genève, les responsables du Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) évoquaient l’invasion de la Cité de Calvin par des cavaliers de l’Apocalypse issus de cadavres de gardes pontificaux. C’est le postulat du 5e cavalier, une websérie qui sera présentée en ouverture du festival. Première prise de risque: une création locale, plutôt qu’une habituelle production américaine.

David Cronenberg en vedette

En fait d’invasion, c’est surtout Neuchâtel qui va être assiégée. Pour sa 18e édition, le NIFFF va enfin, selon son président Jean Studer, «réaliser un rêve que nous poursuivions depuis plusieurs années, avoir l’open air au cœur de la cité». C’est-à-dire l’écran géant «sur la légendaire place des Halles». Cette fois, la ville n’échappera pas aux frissons, en général cantonnés aux salles de cinéma. Le cinéma de plein air proposera notamment cinq classiques gratis, dont 2001: l’odyssée de l’espace, pour son anniversaire, et Dead Ringers, de David Cronenberg, invité vedette cette année. L’auteur de A History of Violence donnera une conférence sur ses adaptations.

A ce sujet:  David Cronenberg et les superpouvoirs de la littérature

Le petit festival continue de viser haut dans la diversité et l’abondance: 104 longs-métrages en neuf jours. Parmi les noms cotés, Gaspar Noé viendra présenter son Climax, film de tueur en format clip; présenté comme le nouveau prodige de l’horreur américaine, Ari Aster commentera son Hereditary, cauchemar familial que les gens du NIFFF rapprochent de L’exorciste; et le tandem russe Timur Bekmambetov-Olga Kharina (Night Watch) dévoilera sa nouvelle expérience, Profile, un film conté sur un écran de PC.

La Nouvelle-Zélande, «insularité mythique»

Deux régions du monde seront bien présentes. D’abord, le festival rend hommage à la Nouvelle-Zélande, «qui a développé depuis les années 1970 une industrie impressionnante», note la directrice artistique Anaïs Emery. Pas moins de 18 films pour se faire une idée de la vitalité du genre dans ce «mythique pays insulaire». Par ailleurs, outre une petite section dédiée, l’Amérique du Sud monte en puissance. La principale compétition comprend deux œuvres mexicaines et une d’Argentine.

Au fil du programme, on peut relever Under the Silver Lake, nouveau film de David Robert Mitchell, auteur du remarqué It Follows, ou Bravesh Joshi Superhero, quatrième opus de Vikramaditya Motwane, qui a présenté l’année passée le fulgurant Trapped, un homme enfermé dans une tour à Bombay. Et puisque, même après le pape, les animateurs du NIFFF gardent le sens de l’à-propos, ils proposeront un film sur un joueur de foot en pleine acmé du Mondial, ainsi que Vendredi 13 le… vendredi 13. Cohérence dans l’exubérance.


NIFFF, Neuchâtel, du 6 au 14 juillet.

Publicité