faut voir

La chambre des enfants

On se souvient des «chambres» d’enfants de James Mollison, ouvrage publié fin 2010. Contraste entre la pièce emplie de jouets d’une petite Japonaise et le matelas posé dans les herbes d’un garçon rom en Italie. Presque au même moment, le Français Olivier Culmann a livré Watching TV, portraits de téléspectateurs et de leurs écrans à travers la planète. Seuls ou en groupe, assis par terre ou couchés sur un canapé, tous ont l’air absents. Le New York Times, lui, vient de mandater la photographe Hannah Whitaker pour une tournée des petits déjeuners de bambins. Aucune ambition de dénoncer les disparités ici, chacun des plateaux est bien garni. Cake, thé et pommes de terre pour une fratrie malawite, porridge, lait et jus d’orange pour une petite Islandaise, légumes, fromages, œufs, saucisse et diverses douceurs en Turquie.

Quelle que soit la qualité des images, plutôt bonne dans les trois exemples cités, ce genre de série s’inscrit dans un degré assez bas de l’inventivité photographique. Le modèle, facile à réaliser, est déclinable à l’infini. Et le résultat est diablement efficace. Parce que dix images mises bout à bout permettent la comparaison, chère à l’espèce humaine et source de réflexion. Parce que l’idée d’inventaire artistique est incontournable depuis les années 1960. Parce qu’un bon concept vaut parfois mieux qu’une belle photo.