Pâle remake de L'Extravagant Mr. Deeds de Frank Capra (1936) où il reprend le rôle tenu par Gary Cooper, Mr. Deeds, qui sort aujourd'hui, ne dissipe pas la volute de points d'interrogation qui entoure son acteur principal Adam Sandler: il l'épaissit. Cette histoire d'un bienheureux, qui se retrouve soudain héritier d'une fortune, n'est pas sans rapport avec le destin de son interprète. Juif new-yorkais de 36 ans, Adam Sandler a grandi dans une famille modeste du New Hampshire. Il a écumé les cafés-théâtres et s'est inventé un personnage récurrent, grand naïf et victime d'un monde qui déraille. Son motif favori est le recours à une violence gratuite et burlesque, qui se déchaîne dès qu'il sature. Après le circuit classique du comique américain – série TV (The Cosby Show), émission incontournable (Saturday Night Live) et second rôles dans des flops hollywoodiens (Coneheads, Airheads,…), il écrit, dès 1995, ses propres rôles: Sonny dans Big Daddy ou Robbie dans Wedding Singer… Autant de films éreintés par la critique et prisés par le public. Arrive 2001. Sandler tourne un petit film de son ami Paul Thomas Anderson (Magnolia): Punch-Drunk Love. Ce prix de la mise en scène à Cannes utilise enfin Sandler avec une force poétique qui rappelle Buster Keaton. Il faut donc absolument voir Mr. Deeds, du tâcheron Steven Brill, avant l'arrivée fin janvier de Punch-Drunk Love: une belle leçon comparative pour découvrir comment une mise en scène peut révéler le talent d'un comédien qui, mal dirigé, ne vaut pas tripette.

Les Aventures de Mister Deeds (Mr. Deeds), de Stephen Brill, avec Adam Sandler.