Des derniers jours, on a pu croiser à Genève ce jeune Uruguayen de

28 ans, invité par le festival Filmar en América Latina pour présenter quatre de ses films. Primé au Festival de Berlin pour Le Fils d'Elias (El Abrazo partido), gentille chronique juive de Daniel Burman, Daniel Hendler est incontestablement l'acteur latino-américain qui monte. L'une de ces figures de proue qui pourrait permettre à la «nouvelle vague» argentine (il se partage entre les deux rives du Rio de la Plata et vit à Buenos Aires avec la réalisatrice Ana Katz) de trouver un écho auprès du grand public.

Né à Montevideo le 3 janvier 1976, Hendler a interrompu des études d'architecture pour se consacrer à son art. S'il a débuté sur les planches, le cinéma a d'emblée fait partie de son horizon à travers des films amateurs réalisés par ses condisciples Pablo Stoll et Juan Pablo Rebella. Mais sa carrière débute vraiment lorsque l'Argentin Daniel Burman, de trois ans son aîné, le découvre sur scène et le choisit pour être Ariel, son alter ego dans En attendant le Messie (Esperando al Mesias). Il enchaîne avec 25 Watts de Stoll et Rebella, Sabado de Juan Villegas, No sabe no contesta de Fernando Muso et El Fodo del mar de Damian Szifron, imposant un personnage de jeune homme à la fois agité et velléitaire, timide et bavard, dans lequel nombre de ses contemporains semblent s'être reconnus.

Après deux petits rôles de composition dans Toutes les hôtesses de l'air vont au ciel (Burman) et Whisky (Stoll et Rebella), la consécration a été rapide pour cet admirateur de Belmondo et de Mastroianni, jeune premier réticent qui rêve pour l'instant surtout de fidélité à ses auteurs/amis.