Will Smith, la vedette du navet Hitch, n'a pas stoppé son hypocrisie à la porte des Césars. Après avoir prétendu avoir choisi ces derniers plutôt que les Oscars – alors qu'il était de toute manière en promotion à Paris pour Hitch! –, il a dit de sa partenaire Eva Mendes: «Eva est une actrice brillante, elle est belle et très drôle. Et très féminine. Je suis en admiration devant elle.» Il peut, mais ce n'est pas forcément réciproque: Eva Mendes, avec l'acuité qu'elle déploie dans ses derniers rôles, aura sans doute noté que le compliment n'a pas plus d'originalité qu'un «copier-coller».

Car, comme cette implacable Texane de 30 ans l'a décoché un jour en laissant parler son sang cubain: «C'est très amusant d'être une femme, de flirter, de se maquiller et d'avoir une belle poitrine. Mais il y a des choses plus intéressantes: par exemple, je ressens comme une responsabilité de chercher à montrer au monde entier un autre type de Latines que celles radotées par le cinéma!»

Il est vrai qu'Eva Mendes se souvient qu'elle fut étudiante en marketing. Et qu'après avoir écrit un livre expliquant le vocabulaire, l'art et l'histoire aux enfants (Crazy Leggs Beshees), elle a décidé de noyauter le système de l'intérieur. Tenace – et grande sportive –, elle a donc emprunté patiemment le chemin désigné aux belles filles comme elle: navets horrifiques (Les Enfants du Maïs 5 en 1998, Urban Legends 2 en 2000) et comédies d'action machos (2 Fast 2 Furious et Desperado 2, 2003). Mais attention, depuis Training Day (2001) et surtout Deux en un des frères Farrelly sorti l'an dernier, le ton change. Encore un an ou deux et Will Smith se prend trois claques.