Culture

Hors champ. Norman Winther, comédien-trappeur, «Le Dernier Trappeur»

On n'est nulle part à l'abri de la dictature des images. Prenez Norman

On n'est nulle part à l'abri de la dictature des images. Prenez Norman Winther. Il s'est retiré dans le Grand Nord, au cœur des Rocheuses, depuis des décennies. Il est devenu trappeur loin de la civilisation rugissante et aliénante. Il a épousé, par trois fois, des Amérindiennes et des Inuites que l'absence de télévision ne panique pas. Il a baissé la température à moins 50°.

Et voilà que, en 1999, Norman Winther voit débarquer Nicolas Vanier. Un hurluberlu qui fait métier d'aventures depuis 1982. Laponie, Québec, Transsibérie, Vanier a tout fait, à pied, en canoë, en traîneau. Et c'est justement au cours de l'Odyssée blanche, la fameuse traversée, filmée pour France 3, du Grand Nord canadien de l'Alaska au Québec, 8600 kilomètres avec des chiens et un traîneau, que Norman Winther, médusé, voit passer Vanier devant chez lui.

La rencontre donne une idée à Vanier: filmer ce «dernier trappeur». L'homme des bois accepte. Sauf que, malheur à lui, le cinéaste-explorateur lui demande de jouer la comédie, de jouer son quotidien. Pas question de tourner un documentaire. Alors Norman Winther fait semblant d'être lui-même et se joue, s'incarne, s'interprète très mal. Dernier des trappeurs et sûrement pas le premier des acteurs. Pathétique.

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