Ce n'est pas la première fois qu'Owen Wilson attire notre attention. Son apparition dans La Vie aquatique, en fils illégitime de Bill Murray, le distingue à nouveau. Il est, à 36 ans, le pont entre toutes les formes de la comédie américaine actuelle. Il tresse, avec son allure de gendre idéal, des liens entre les films de son ami Ben Stiller (Zoolander, Starsky et Hutch ou l'actuel Mon Beau-Père, mes parents et moi) et ceux de cinéastes plus pointus et originaux. Tel Wes Anderson.

Il se trouve qu'Owen Wilson et Wes Anderson ont débuté ensemble. Amis depuis une rencontre fortuite dans un théâtre de leur terre d'origine, le Texas, ils ont signé à quatre mains le scénario du premier film d'Anderson, Bottle Rocket, court métrage de 1994 transformé en long en 1996 (et récemment édité en DVD). Cette comédie policière décalée marquait la première apparition de Wilson à l'écran. Il y tenait, à tout seigneur tout honneur, le rôle principal. Le comédien est d'ailleurs, pour une large part, responsable de la liberté actuelle de Wes Anderson puisqu'il a cosigné les deux scripts suivants du metteur en scène, Rushmore (1998) et La Famille Tenenbaum (2001).

La Vie aquatique est le premier film d'Anderson auquel Wilson n'a pas prêté sa plume décalée. Trop occupé sans doute, par les graines qu'il est allé planter dans d'autres territoires de la comédie américaine: l'animation en images de synthèse du studio Pixar puisqu'il fera l'une des voix principales du prochain Cars et l'univers d'Harold Ramis (Un Jour sans fin) dont il produit et interprète le prochain film. A ce train-là, il ne sera bientôt plus possible de faire rire aux Etats-Unis sans avoir affaire à son faux air naïf, ahuri, candide. Souhaitons qu'elle soit pour longtemps la marque d'une honnêteté foncière.