«Je revenais d'un long voyage, raconte Radha Mitchell, et quand le téléphone a sonné j'ai pensé que c'était ma mère qui voulait prendre de mes nouvelles. J'ai décroché, c'était Woody Allen en personne. Il me proposait un rôle. Il m'envoyait le scénario le jour même. J'ai balbutié: «Bien sûr… Ok… Pas de problème…» Ce rôle, c'était le personnage principal de Melinda et Melinda, c'est-à-dire, bien sûr, Melinda, une jeune femme déboussolée qui débarque dans un dîner mondain. Selon le principe artificiel du dernier Woody Allen (lire ci-contre), son intrusion donne lieu à deux films différents: un drame et une comédie. Les cheveux légèrement ondulés dans le drame, la coupe au carré dans la comédie, Radha Mitchell endosse un double rôle sacrément risqué – et dont elle sort aussi abîmée que le film.

Où Woody Allen, qui avait plutôt l'habitude des vedettes ces dernières années, est-il allé chercher cette Australienne de 31 ans, végétarienne et adepte du yoga, qui vit à Los Angeles depuis 1997 seulement? Certes, elle squatte les écrans (même romands) ces derniers temps: après une apparition dans Man on Fire de Tony Scott, l'épouse marrie de Johnny Depp dans Neverland de Marc Forster, actuellement à l'affiche, c'est elle. Certes, elle fut de quelques films remarqués dont le thriller de science-fiction Pitch Black (2000) ou l'intello gay High Art (1998). Mais ce n'est ni ici ni là que Woody Allen l'a remarqué: il l'a choisie après avoir visionné un court-métrage, Four Reasons, que la jeune femme a interprété, mais aussi écrit, produit et réalisé en 2002. On demande à le découvrir pour mieux comprendre la raison d'être de Melinda et Melinda.