Cinéma

«Chanson douce», une nounou d’enfer

Adaptation fidèle et réussie du roman qui a valu à Leïla Slimani le Prix Goncourt en 2016, le film de Lucie Borleteau est porté par une fantastique Karin Viard

«Une chanson douce que me chantait ma maman», susurrait Henri Salvador en 1950. Mais on ne le sait que trop bien, les comptines enfantines peuvent parfois s’avérer des plus cruelles. Il y a trois ans, Leïla Slimani intitulait Chanson douce son deuxième roman, qui racontait l’arrivée d’une nounou providentielle dans la vie d’un couple de trentenaires parents d’une fillette et d’un bébé. Mais dès les premières lignes, on apprenait que cette Mary Poppins sans les pouvoirs magiques avait sa part d’ombre.

De bons livres donnent souvent de mauvais films, comme de mauvais livres deviennent parfois de bons films. Chanson douce, lui, est à placer dans la catégorie réjouissante des excellents romans donnant lieu à d’excellentes adaptations. On retrouve dans le long métrage de Lucie Borleteau ce qui faisait la réussite du bouquin de Slimani: des personnages magnifiquement écrits ainsi qu’une fine évocation des questions qui se posent aux jeunes couples, comme la difficulté de conserver une vie sociale active ou la mise entre parenthèses de sa carrière par la mère.