«Ivre de vie, ivre de vent/Je suis vivant», chante Jamait sur un air swingué. Pour un miraculé qui a débuté son parcours à 40 ans en puisant l'inspiration au fond de la bouteille (De verre en vers en 2001 avant les écorchures tristement belles de Coquelicot en 2006), cela traduit l'humeur actuelle moins plombée. Les onze autres chansons ravivent la veine néoréaliste chère à ce torturé dans sa chair et son âme. L'accordéon ne domine pas les partitions mais reste présent dans le sillage houleux d'un «joyeux pessimiste». Les amours froissées sont ici plus vives que les gueules cassées et le spleen. L'idée du bonheur traverse enfin l'esprit du répertoire. Sans béatitude. La poésie sensible, exquise d'un touchant survivant.