Il criait Aline pour «qu'elle revienne», aimait la vie la nuit, le jeu et les voitures rapides: Christophe, dandy décalé de la chanson française, est décédé jeudi à 74 ans des suites d'une «d'un emphysème», maladie pulmonaire, a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) Véronique Bevilacqua, son épouse, dans la nuit de jeudi à vendredi. Daniel Bevilacqua de son vrai nom, avait été hospitalisé et admis en réanimation le 26 mars dans un hôpital parisien, avant d'être transféré à Brest.

«Christophe est parti. Malgré le dévouement sans faille des équipes soignantes, ses forces l'ont abandonné», écrivent dans un communiqué transmis à l'AFP son épouse et sa fille Lucie. «Aujourd'hui, les mots se lézardent... et tous les longs discours sont bel et bien futiles.»

Lire aussi l'article du 8 mars 2015: Christophe, prince des nuits bleues

Veronique Bevilacqua n'a jamais fait mention de la maladie Covid-19 dans ses communiqués et, interrogée au téléphone par l'AFP, a tenu à insister sur «l'emphysème». Le Parisien avait affirmé au moment de l'hospitalisation de Christophe que celui-ci avait été testé positif au coronavirus, ce que l'agent du chanteur n'avait pas confirmé.

Christophe avait connu le succès dès Aline, tube instantané en 1965. Il n'avait cessé ensuite de promener sa silhouette de dandy décalé dans la chanson française. En décembre 2019, Christophe résumait ainsi sa carrière: «Je connais mes hauts et mes bas, j'ai eu des beaux bas.»

Le monde du spectacle ému

L'annonce de son hospitalisation, puis de son transfert à Brest, avait ému le monde du spectacle sur les réseaux sociaux.

Jean-Michel Jarre, qui avait écrit les textes de deux des albums majeurs de Christophe - et leurs morceaux-titres phares - Les Paradis Perdus, 1973 et Les Mots bleus, 1974, a déclaré à l'AFP qu'il avait «perdu un membre» de sa «tribu». «C'était plus qu'un chanteur, c'était un couturier de la chanson», développe Jean-Michel Jarre, pour qui les circonstances de ce deuil sont très douloureuses: «On ne peut pas lui dire au revoir à cause de ce putain de virus».

«Avec la disparition de Christophe, la chanson française perd une part de son âme, mais le bleu doux-amer de ses chansons est indélébile», a tweeté le ministre de la culture, Franck Riester.

«Le dernier des Bevilacqua est parti rejoindre les paradis perdus. Merci pour ce bout de chemin inoubliable», a écrit sur Facebook Pascal Nègre, ex-PDG d'Universal Music France, en référence à deux chansons de Christophe.