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Jacques Higelin lors d’un concert marquant ses cinquante ans de carrière en 2015.
© MIGUEL MEDIN/AFP PHOTO

Musique 

Le chanteur français Jacques Higelin est décédé

Pionnier du rock français, le chanteur est décédé vendredi à Paris à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille

Jacques Higelin est mort vendredi à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille. Père de trois enfants artistes, le chanteur Arthur H, la chanteuse Izïa Higelin et le réalisateur Kên Higelin, il laisse derrière lui une vingtaine d’albums et quelques chansons inoubliables, parmi lesquelles «Pars», «Champagne» ou encore «Tombé du ciel».

Né d’une mère belge, cet artiste «enchanteur», auteur, compositeur et interprète a rassemblé un public de fidèles autour de ses chansons et de ses concerts incarnés, durant lesquels il improvisait sans relâche, passait du piano à l’accordéon ou la guitare et apostrophait les spectateurs.

Toujours révolté

Homme de coups de gueule et de coups de cœur, toujours révolté, Higelin évoque dans certaines de ses chansons la société, les sans-papiers ou les difficultés économiques, et s’engage à plusieurs reprises aux côtés des sans domicile fixe.

Alternant ballades aériennes, rock énergique et envolées lyriques, jonglant avec le texte en amoureux des mots, Jacques Higelin a signé au fil du temps quelques-uns des plus grands tubes de la chanson française comme «Champagne» ou «Tombé du ciel», mais aussi «Pars» ou «Tête en l’air».

Né le 18 octobre 1940 à Brou-sur-Chantereine, dans la région parisienne, d’une mère belge et d’un père alsacien, Jacques Higelin quitte l’école à 14 ans. Il grandit en écoutant du jazz et de la chanson, Léo Ferré ou Jacques Brel, et rencontre à la fin des années 1950 Henri Crolla, guitariste d’Yves Montand, figure familière de son adolescence.

Début sur les planches

Mais c’est comme comédien qu’il commence sa carrière. Au début des années 1960, il s’inscrit au Cours Simon, réputé dans le milieu des acteurs. Il débute au théâtre en 1959 et se lance aussi au cinéma, notamment dans Bébert et l’Omnibus d’Yves Robert (1963). Il jouera au total dans une trentaine de films.

Son destin bascule avec une double rencontre décisive au milieu des années 1960, celle des musiciens Areski et Brigitte Fontaine, avec lesquels il se produit en trio sous la houlette de Pierre Barouh. C’est l’époque de ses débuts dans la chanson, des communautés et des expériences.

En 1965, il sort l’album Douze chansons d’avant le déluge, enregistré en duo avec Brigitte Fontaine. En 1974, il amorce un virage rock. Enfant de Charles Trenet et des Rolling Stones, il est un des premiers chanteurs à tenter la synthèse entre le rock et la chanson.

Il sort ensuite Irradié (1975), Alertez les bébés (1976) et No man’s land (1978). Devenu chanteur rock populaire, il connaît en 1979 un grand succès avec l’album Champagne pour tout le monde et son jumeau Caviar pour les autres…

Héritier déjanté de Charles Trenet

En 1988, il remporte à nouveau l’adhésion du public avec l’album Tombé du ciel, pour lequel il s’entoure de musiciens comme Didier Lockwood et William Sheller. L’album, qui se vend à plus de 300 000 exemplaires, est son plus grand succès.

Dans nos archives: A Leysin, Higelin alerte les bébés (Gazette de Lausanne, 1987)

Suivent Aux héros de la voltige (1994) et Paradis païen (1998), qui marque ses retrouvailles avec Areski. En 2005, il reprend des chansons de Charles Trenet lors d’une tournée, en héritier déjanté et lunaire du «fou chantant».

En 2006, après huit ans sans album de chansons originales, il sort Amor Doloroso, suivi de Coup de foudre en 2010. Ces albums, pour lesquels il travaille avec l’ex-leader de Kat Onoma, Rodolphe Burger, sont tous deux salués par la critique.

20e album en 2016

Après Beau repaire paru en 2013, ce poète à la voix brisée, père de trois enfants également artistes, Kên, réalisateur et comédien, Arthur H, chanteur et musicien, et la comédienne et chanteuse Izïa, sort son 20e et dernier album, Higelin 75, à l’automne 2016.

Plus libre que jamais sur cet opus, le chanteur installé à Pantin, aux portes de Paris, se permet un morceau fleuve final de plus de… 21 minutes et, dans «J’fume», clame continuer à «fumer» en attendant «que le fossoyeur me creuse une tombe au Père-Lachaise», cimetière des célébrités à Paris, que «le temps s’arrête et que le ciel me tombe sur la tête».

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