Chanteur, acteur, écrivain, poète, dramaturge, compositeur et enseignant: Michel Bühler et ses multiples casquettes ont rayonné en Suisse romande depuis 1969, date de son premier album Helvétiquement vôtre. Il a écrit et composé plus de 250 chansons. Il est également l'auteur de plus d'une vingtaine de romans, essais et pièces de théâtre.

Né à Berne le 30 avril 1945, «un peu par hasard», disait-il, il a grandi dans le canton de Vaud, dans la localité de l'Auberson, à quelques kilomètres de Sainte-Croix. Il s'épanouit dans famille où on chantait beaucoup de chants populaires. «J'ai passé une enfance merveilleuse», avait-il confié dans un long entretien à la RTS.

Il est parti ensuite faire ses études à Lausanne, avant de devenir instituteur. Il enseigne pendant quatre ans, avec plaisir, même si cela ne le passionne pas. Avec ses amis de l’Ecole Normale, il gratte la guitare et chante Brel et Brassens

A la fin des années 60, il rencontre Gilles Vigneault, qui devient un ami. Il décide de se consacrer à la chanson. Il mène une vie de bohème à Paris - des années insouciantes et fructueuses avec la maison de disque l'Escargot, fondée par Vigneault. Bühler avait déjà fait un ou deux 45 tours à Paris et était parti pour tenter une aventure musicale de six mois, tout au plus une année... finalement sa carrière durera plus de 50 ans.

Il voulait chanter, mais sur les gens d'ici, estimant qu'on ne parle bien que des gens qu'on connait. En 1998, il était retourné à Paris, pour casser les clichés et «dire qu’il y a aussi des Suisses ordinaires». A la fin des années 70, de retour à Ste-Croix, il s'engage sur différents dossiers. Il siégera de nombreuses années au Conseil communal de sa commune.

En 2013, il obtient le Prix Jacques-Douai, qui récompense les œuvres artistiques qui font vivre la chanson francophone. Rue de la Roquette constitue l'un de ses tubes.

Le Ste-Crix - qui vivait en partie à Paris - sera un chanteur engagé dans ses textes, mais aussi dans ses actes. Il s'est illustré dans la défense du droit d'asile, mais aussi contre les éoliennes qui sont actuellement en construction sur sa commune. Il s'inquiétait du fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres. En 2020, il lançait avec plusieurs personnalités un manifeste pour bâtir un monde plus solidaire après la crise du coronavirus.

Nuria Gorrite, ministre vaudoise chargée de la Culture a pris connaissance «avec une vive émotion» du décès soudain de Michel Bühler. Elle a salué «la mémoire d’un véritable ambassadeur de la chanson francophone, d'un artiste complet d’une modestie toute vaudoise, à la fois chanteur mais aussi écrivain, acteur, poète et dramaturge». La conseillère d'Etat a également salué l’humaniste, l’homme engagé dans plusieurs causes, rêveur d’un monde plus solidaire.

L'artiste a signé plusieurs livres dont «La parole volée», où il revient sur la fermeture des usines Hermes Précisa, à Ste-Croix. Pour le théâtre, il a notamment écrit la pièce «Le Retour du Major Davel», spectacle créé à Pully puis repris de nombreuses fois en Suisse romande.

Lire un poème de Michel Bühler

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