Livres

Charles Ferdinand Ramuz ou comment devenir un classique

Comment l’école est un point de passage majeur pour transformer un livre en référence collective

Charles Ferdinand Ramuz apparaît trois fois dans le palmarès des 50 meilleurs romans francophones établit par un jury constitué Le Temps, avec Aline (7 voix), La Beauté sur la terre (7) et Derborence (5), ce qui est en soi un très beau score, seuls Marguerite Duras et Jean-Paul Sartre font aussi bien. Mais l’importance de Ramuz pour le jury apparaît de façon encore plus éclatante en comptant les voix obtenues tous titres confondus: l’auteur de Derborence est sélectionné 29 fois.

Outre les trois romans du palmarès, apparaissent aussi La Grande Peur dans la montagne, La Vie de Samuel Belet, Jean-Luc persécuté, Adam et Eve et Passage du poète. «Ce succès veut dire que le message est passé: Ramuz n’est plus perçu comme un écrivain régionaliste ou «bien de chez nous». Sa stature universelle est reconnue et les lecteurs se sentent pleinement légitimés à le placer parmi les grands écrivains du XXe siècle», se réjouit Sylviane Dupuis, de l'université de Genève. «Au-delà de l’école qui joue un rôle considérable dans la transformation des livres en classiques comme on le voit dans l’ensemble du palmarès, l’entrée de Ramuz dans la Pléiade en 2005 a joué un grand rôle dans le processus de légitimation de l’écrivain. Les médias et la recherche universitaire ont aussi beaucoup fait dans ce sens depuis ces quinze dernières années», poursuit la chercheuse.