En 1976 commençait Drôles de dames (titre français), une série télé nunuche et sexy, cinq saisons, 115 épisodes, consacrée à «trois filles superbes» travaillant dans une agence de détectives dirigée par l’énigmatique Charlie. En 2000, incarnées par Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Liu, les justicières en talons hauts accèdent au grand écran et carburent à la dynamite dans Charlie et ses drôles de dames (titre français), suivi trois ans plus tard par Les Anges se déchaînent. Elles reviennent, plus dangereuses que jamais, dans Charlie’s Angels (titre français), un film d’action qui exprime à la perfection les dérives contemporaines du cinéma hollywoodien de divertissement, qui puise dans les feuilletons antiques l’inspiration de blockbusters d’une consternante invraisemblance.

Charlie’s Angels marche sur les pas de Mission impossible. Le petit groupe de spécialistes qui se collent une fausse moustache pour duper un dictateur communiste s’est mué en agence aux ressources technologiques infinies. Et le trio de dames qui s’amusaient à confondre les indélicats a grandi aux proportions d’une multinationale, naturellement minée par des traîtrises internes, rendant la justice à grands coups de tatanes et de gadgets high-tech.